
Les zones humides continentales de Mauritanie sont directement touchées par les effets du réchauffement climatique qui ont un impact sur la disponibilité des ressources en eau. Les diverses pressions exercées sur ces zones humides sont exacerbées par la venue d’éleveurs non pastoraux et étrangers aux zones concernées (y compris venant de l’extérieur de la Mauritanie) dans les zones humides et alentours pour y abreuver leur cheptel.
Les pressions climatiques, associées à celles de natures plus anthropiques, exercées sur les zones humides mauritaniennes continentales ont pour effet une réduction notable des services écosystémiques que celles-ci étaient en mesure de fournir. Il est nécessaire de faire en sorte que tant les écosystèmes des zones humides que les populations vivant aux alentours de celles-ci soient bien plus résilientes aux effets du changement climatique. La résilience des zones humides elles-mêmes entraînera la conservation d’une biodiversité unique au monde et source de richesse tant naturelle qu’économique (tourisme) pour le pays.
Cette résilience des zones humides qui permettra de maintenir, voire restaurer une biodiversité indispensable à un écosystème régional contribuera à augmenter la résilience et la capacité d’adaptation des populations pastorales. Mais pour ce faire, il est essentiel de réguler l’utilisation des zones humides avec des plans de gestion appropriés et participatifs impliquant tous les acteurs concernés.
Le projet proposé (Amélioration de la résilience au changement climatique des zones humides continentales de Mauritanie » – ARCC/ZH-Mauritanie) sera mis en œuvre par l’Agence nationale pour la Grande Muraille Verte de Mauritanie (ANGMV) en étroite coordination avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’objectif du projet est « d’accroître la résilience au changement climatique de trois écosystèmes de zones humides intérieures et des communautés adjacentes grâce à une approche de gestion basée sur les écosystèmes ». Il s’efforcera d’atteindre cet objectif au niveau des zones humides suivantes, Tâmourt Bougary (Assaba), Gâat Mahmoûda (Hodh El Chargui) et Tâmourt en Na’âj (Tagant), dans le sud-est de la Mauritanie, en renforçant les mécanismes de gouvernance et les capacités de gestion des zones humides.
Le projet visera simultanément à améliorer la capacité d’adaptation et la résilience des communautés locales grâce à l’adaptation et à la diversification des moyens de subsistance résistants au climat. Plus de 20 000 personnes vivent dans les zones adjacentes aux trois zones humides sélectionnées pour l’intervention. La plupart de ces personnes dépendent directement des ressources naturelles associées à ces zones humides, gérées en tant que systèmes polyvalents, pour leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance. Améliorer la gouvernance de ces zones humides et assurer l’utilisation durable de leurs ressources est essentiel pour maintenir ou améliorer les valeurs et la fonction de ces écosystèmes d’eau douce et pour renforcer la capacité d’adaptation et la résilience des communautés locales face aux pressions anthropiques croissantes et à la variabilité climatique.
Enfin, le projet travaillera aux niveaux local, régional et national pour sensibiliser et améliorer l’accès à l’information sur l’importance des zones humides, les causes de la dégradation des zones humides, le changement climatique et les solutions de gestion. Cela comprendra l’établissement d’un système national de gestion de l’information sur les zones humides. Le fait qu’aucun système de ce type n’existe actuellement fait obstacle à une gestion et à une surveillance adaptée et efficaces des zones humides, de leurs valeurs et de leurs fonctions.
Afin d’atteindre ces objectifs, le projet « Amélioration de la résilience au changement climatique des zones humides continentales de Mauritanie » – ARCC/ZH-Mauritanie financé par le GEF, est mis en œuvre au cours de la période 2019-2024,à travers 3 composantes principales :
1) Restauration et réhabilitation des zones humides ;
2) Amélioration de la résilience et de la capacité adaptative des populations aux alentours des zones humides ;
3) Gestion des connaissances sur les zones humides et suivi/évaluation.